Investir dans une startup : un particulier peut-il le faire en France ?

7 500. C’est le nombre de particuliers français qui ont investi dans une start-up via une plateforme en ligne, l’an passé. Ce chiffre, qui aurait semblé improbable il y a dix ans, reflète une transformation profonde du paysage de l’investissement en France. Depuis 2016, la loi Sapin II a donné aux particuliers le droit d’entrer dans le capital de jeunes pousses via des plateformes en ligne agréées. Les avantages fiscaux, à l’image du dispositif Madelin, sont venus amplifier l’intérêt pour ce secteur, permettant d’alléger la note fiscale en soutenant l’innovation tricolore.Le cadre reste exigeant, les risques bien réels, mais l’accès n’a jamais été aussi simple. Quelques centaines d’euros suffisent désormais pour franchir le seuil autrefois réservé aux business angels. La démocratisation avance à grands pas : les barrières tombent, les visages changent. L’investissement dans les start-up n’est plus l’apanage d’une élite initiée.

Investir dans une startup en France : un marché accessible aux particuliers ?

Longtemps, investir dans une start-up relevait d’un microcosme d’initiés, business angels et institutionnels se partageant les opportunités. Tout a basculé avec la montée en puissance des plateformes de crowdfunding. Désormais, investir dans une jeune entreprise innovante en France n’est plus réservé aux portefeuilles bien garnis. Oui, un particulier peut franchir le pas, à condition de respecter certaines règles et, surtout, de garder en tête la volatilité de ce type d’actif.

Le secteur s’est structuré sous le contrôle d’autorités régulatrices. Les plateformes de financement participatif, désormais agréées, proposent des tickets d’entrée abordables, parfois dès 200 ou 300 euros. Résultat : le private equity s’ouvre à tous, même si le risque de perte en capital reste bien réel.

Avant d’investir, voici les principales caractéristiques de ce marché ouvert :

  • Accès simplifié grâce à des plateformes régulées
  • Choix varié de secteurs : santé, transition écologique, nouvelles technologies
  • Risque de perte en capital non négligeable

La France occupe une position singulière avec un secteur en profonde transformation. Désormais, chacun peut soutenir financièrement des entreprises innovantes tout en visant une meilleure rentabilité que celle offerte par les placements traditionnels. Club deals, fonds spécialisés, souscription directe au capital : les alternatives se multiplient et dépassent le cercle restreint des connaisseurs. Mais chaque nouveau venu devra s’impliquer, analyser et ne rien laisser au hasard avant de s’engager.

Pourquoi cet engouement pour les start-up auprès des investisseurs individuels

L’investissement dans les start-up françaises ne se limite pas à la perspective de gains spectaculaires. Beaucoup y voient aussi une façon concrète de donner du sens à leur patrimoine, en soutenant l’innovation, en accompagnant la naissance de nouveaux métiers, ou en misant sur des domaines prometteurs : santé, numérique, écologie… Cette quête d’impact marque une nouvelle génération d’investisseurs désireux de jouer un rôle dans la transformation de l’économie.

Le traitement fiscal de cet investissement, pensé pour nourrir la croissance de jeunes sociétés, accélère encore ce mouvement. Allègements d’impôts sur le revenu, fiscalité avantageuse sur l’IFI ou sur la transmission : des dispositifs permettent aux investisseurs de bénéficier d’un “coup de pouce” significatif. À titre d’exemple, une souscription au capital d’une start-up peut ouvrir droit, sous conditions et plafonds, à une réduction d’impôt sur le revenu allant jusqu’à 25% du montant investi.

Engager des fonds dans une entreprise en démarrage, c’est bien entendu accepter une part de risque, mais aussi s’offrir l’expérience rare d’accompagner un projet naissant, d’en suivre l’évolution et d’apporter sa contribution à la dynamique de création d’emploi. L’éventail des fonds labellisés, FCPI, FIP, élargit l’accès et rassure ceux qui font leurs armes dans le non coté.

Les moteurs côté particuliers sont multiples et concrets :

  • Réduction d’impôt sur le revenu obtenue lors de la souscription au capital de PME
  • Diversification de son patrimoine grâce à des projets à forte dimension sociale, solidaire ou technologique
  • Participation directe à un changement de fond de l’économie

L’essor fulgurant des plateformes participatives n’y est pas pour rien : elles effacent la distance entre innovation sur le terrain et épargne individuelle, simplifiant chaque étape du processus.

Quelles sont les principales options pour se lancer concrètement

Pour un particulier désireux d’investir dans une start-up, le choix ne manque pas. En haut de la liste figure le financement participatif. Des plateformes spécialisées sélectionnent les projets, mettent en relation investisseurs et entrepreneurs, et permettent d’entrer dans le capital à partir de quelques centaines d’euros. Avantage évident : on peut constituer un portefeuille diversifié, sans intermédiaire bancaire traditionnel.

Autre possibilité, celle des réseaux de business angels. Ce modèle s’adresse surtout à ceux qui ont déjà de l’expérience ou un capital plus conséquent (souvent entre 5 000 et 10 000 euros), mais il permet de participer à la stratégie des sociétés financées, de partager des analyses au sein de clubs d’investisseurs et parfois d’accéder à des opportunités plus confidentielles.

L’approche mutualisée attire aussi de nombreux investisseurs : fonds de private equity ou de venture capital, assurance-vie multisupports avec unités de compte orientées vers le non coté, FCPI et FIP… Les solutions s’emboîtent pour donner accès à des poches variées d’innovation, de la tech à la santé en passant par les énergies vertes.

Enfin, l’investissement en dette privée prend de l’ampleur. Souscrire à des obligations émises par des start-up, c’est soutenir l’innovation tout en visant des rendements attrayants. Mais il faut accepter une liquidité plus faible : la sortie pourra se faire attendre.

Jeune femme française souriante avec tablette dans un espace de coworking

Conseils pratiques et ressources pour maximiser vos chances de succès

Réaliser un placement éclairé dans une start-up commence par une bonne stratégie. La clé ? Diversifier, toujours. Répartir les montants sur plusieurs jeunes sociétés, dans différents secteurs d’activité, pour limiter l’impact d’un éventuel revers. Plus que l’instinct, c’est la lucidité qui fait la différence.

Difficile de trop insister sur la nécessité d’une analyse rigoureuse. Avant d’engager la moindre somme, penchez-vous sur le modèle d’affaires de la start-up, sur la solidité de son équipe fondatrice, sur la cohérence de ses projections financières. Si les plateformes proposent un premier tri, ne sous-estimez pas la valeur d’un échange direct avec ceux qui portent le projet, ni l’examen minutieux des documents communiqués.

Sur le plan fiscal, la France offre des mesures incitatives. Investir dans une PME innovante peut permettre une réduction d’impôt sur le revenu substantielle, plafonds compris, et parfois une exonération d’ISF pour les titres non cotés. Il est judicieux de s’entourer, en cas de doute, d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un expert-comptable spécialisé dans ce type d’actif.

Parmi les démarches et ressources qui aident vraiment à avancer sereinement, citons :

  • L’intégration dans un réseau de business angels pour bénéficier de l’expérience du collectif
  • Rester informé sur l’actualité du secteur grâce à des acteurs de référence et des médias spécialisés
  • Se documenter sur la réglementation pour comprendre précisément les risques de ce type de placement

Gardez toujours en tête que la patience joue un rôle clé : la liquidité est faible et il n’est pas rare d’attendre cinq à dix ans avant d’espérer une sortie. Les revenus complémentaires ne se bâtissent pas sur un coup de chance, mais dans la durée, au fil des apprentissages, parfois des échecs, souvent aussi des découvertes décisives. S’informer, échanger, se former : voilà le trio gagnant pour transformer le pari risqué d’aujourd’hui en succès avéré demain. Le non coté continue de bousculer les habitudes, et il sera fascinant d’observer qui osera se lancer dans cette aventure à haute intensité.

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