LLD en redressement judiciaire : financer ses véhicules professionnels quand les banques refusent

En 2025, près de 70 000 procédures collectives ont été ouvertes en France, selon le cabinet Altares : un niveau record en vingt ans. Parmi elles, les redressements judiciaires ont progressé de 8,6 %, signe que de plus en plus d’entreprises cherchent à se maintenir en activité plutôt qu’à tout arrêter. Le problème, c’est que dès qu’une procédure apparaît au Kbis, la quasi-totalité des établissements financiers classiques ferme automatiquement le dossier, sans même examiner la situation réelle de l’entreprise.

Un véhicule professionnel reste un outil de production, pas un luxe

Pour un artisan, un transporteur ou un commercial, ne pas avoir de véhicule opérationnel, c’est ne plus pouvoir travailler. La logique est simple, mais elle échappe souvent aux algorithmes de risque bancaires. C’est précisément là que la location longue durée (LLD) change la donne. Contrairement à un crédit classique, la LLD est juridiquement une prestation de service : le bailleur reste propriétaire du matériel, ce qui limite son exposition et lui permet d’accepter des profils qu’une banque refuse d’emblée.

Des acteurs spécialisés se sont positionnés sur ce marché de niche. C’est le cas de SILOG Location, créée en 2004, qui propose explicitement une lld redressement judiciaire pour les sociétés en difficulté, qu’il s’agisse d’un bilan dégradé, d’un incident bancaire ou d’un refus de crédit. Sur plus de 1 500 clients accompagnés, les utilitaires, voitures de société, poids lourds et engins de chantier sont accessibles à partir de 300 € HT par mois, avec une réponse sous 48 heures.

Ce que dit la loi sur la continuité des contrats en cours

L’article L.622-13 du Code de commerce prévoit que l’administrateur judiciaire peut exiger la poursuite des contrats en cours si leur maintien est nécessaire à l’activité. Concrètement, cela signifie qu’un contrat de LLD déjà en place au moment du jugement d’ouverture n’est pas automatiquement résilié. À condition, bien sûr, que les loyers postérieurs à l’ouverture soient payés à échéance : ces créances bénéficient d’un privilège de paiement reconnu par le droit des entreprises en difficulté. Ce point mérite d’être confirmé avec un avocat spécialisé, les nuances étant réelles selon les situations.

Pour un nouveau contrat signé après l’ouverture de la procédure, le dossier devra généralement intégrer le plan de redressement validé par le juge-commissaire, une attestation de l’administrateur ou du mandataire judiciaire indiquant qu’il ne s’oppose pas à la nouvelle charge, et un état de trésorerie récent démontrant la capacité à assumer les loyers. Rien d’insurmontable pour une entreprise qui a un plan cohérent.

LLD ou crédit : pourquoi le choix compte en période de fragilité

Quand la trésorerie est sous tension, immobiliser du capital dans l’achat d’un véhicule est rarement une bonne idée. La LLD permet de préserver cette liquidité tout en maintenant un outil de travail récent et fiable. Le loyer est fixe et prévisible, ce qui facilite la construction d’un plan de continuation. La durée des contrats, généralement de 24 à 60 mois, offre une souplesse d’engagement adaptée à des situations encore mouvantes.

Une autre option documentée par les spécialistes du secteur est le « Sale & Lease Back » : l’entreprise cède ses véhicules à un bailleur, qui les remet immédiatement à disposition via un contrat de LLD. Elle dégage ainsi des liquidités immédiates tout en continuant à utiliser ses véhicules, le coût étant lissé dans le temps.

Redressement judiciaire ne signifie pas fin d’activité. Pour de nombreux dirigeants, c’est une phase difficile mais transitoire, et maintenir ses capacités opérationnelles pendant cette période est souvent ce qui fait la différence entre un rebond réussi et une liquidation inévitable.

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